Lorsque des suicides se répètent dans une entreprise, on met en cause la responsabilité de ses dirigeants. Mais si demain l’État lui-même protège et encourage le suicide, y aura-t-il responsabilité des uns et irresponsabilité de l’État ? On sait que si certains demandent des années à l’avance de pouvoir se suicider quand ils seront vieux, bien peu le font quand l’échéance est proche. Sauf les déprimés. Ainsi, si une telle loi était votée, au lieu d’être soignés, les déprimés seraient voués à la mort. Etrange façon pour un État de droit de protéger les plus vulnérables ! Et tout membre de la famille serait fondé à mettre en cause la responsabilité de la puissance publique pour non assistance à victime. Quant aux médecins va-t-on leur demander deux choses contradictoires : d’un côté d’essayer de sauver ceux qui font une tentative de suicide, de l’autre prêter la main à l’exécution d’un suicide ? On a retenu de Guizot, un ministre du xixe siècle, son « Enrichissez-vous !» Du président Hollande, retiendra-t-on le « Suicidez-vous ! » ?